Atelier des 4 éléments – Stage mensuel sur la croissance de l’Être

Les 7 cycles de l'être

La partie et le tout

 

Toute chose peut s’étudier séparément, mais aucune ne peut se comprendre qu’en relation avec le tout. Nous pouvons examiner le système nerveux, endocrinien, respiratoire, digestif, etc. d’un homme et ne pouvoir rien comprendre, le plus souvent, à des formes pathologiques ou à des maladies graves qui résistent à  tout médicament, à toute analyse. Il arrive qu’un jour une guérison ou une mort subite survient. Pourquoi? Parce que le symptôme est connu et situé dans l’histoire, le destin et la nature d’un être ou, au contraire, parce qu’un pas de plus a été fait. Tous les aspects protecteurs s’effondrent. La mort est aussi souvent le reflet d’une sorte de désintégration de l’organisme psychique et spirituel qui précède la désintégration physique elle-même.
Michel Random, La tradition et le vivant

Ici la perte dans le Nombre. Là l’écartèlement dans le Collectif. Là encore, dans une troisième direction, l’étirement dans le Devenir.
Dramatique et perpétuelle opposition entre l’élément né du multiple, et le multiple constamment naissant de l’élément, au cours de l’Evolution.
… sous la réalité plus éclatante des transformations collectives s’effectuait secrètement une marche parallèle à l’individualisation
T. de Chardin, Le phénomène humain , p. 118 et p. 190

Il appartient aux humains d’être conscients de la façon dont notre pensée, nos mots et nos actions affectent l’environnement. Une personne remplie de doute et de colère peut faire flétrir les fleurs; l’enthousiasme d’une autre est tel qu’autour d’elle, les fleurs coupées durent des semaines.
Dhyani Ywahoo, Sagesse amérindienne p.92

L’Ame du Monde se nourrit du bonheur des gens. Ou de leur malheur, de l’envie, de la jalousie. Accomplir sa Légende Personnelle est la seule et unique obligation des hommes. Tout n’est qu’une seule chose. Et quand tu veux quelque chose, tout l’Univers conspire à te permettre de réaliser ton désir.
Paolo Coelho, l’Alchimiste

Percevoir le cosmos dans l’atome ou voir l’atome dans le cosmos, entendre tous les sons dans un seul, ou un seul son de l’ensemble, sentir l’humanité en soi ou pressentir le soi dans l’humanité  … autant de paradoxes et d’équivalences possibles entre l’infime et  l’immense tenant du miracle ou du pouvoir de l’Unité par laquelle Partie et Tout sont en interaction continuelle et les images l’une de l’autre (cf. tome Archétypes : le Un).

On ne peut parler de la Partie sans parler du Tout.

“Derrière tous les visages, il en est un seul, ce qui ne supprime pas à chacun sa personnalité.” Jane Roberts, L’enseignement de Seth p. 435

Depuis l’apparition des premières particules dans l’Univers, première forme d’existence de l’Être dans son Unité, la dialectique  est posée entre Parties et Tout. A l’instar de l’acteur séparé du chœur de la tragédie grecque, la Partie ne cesse de vivre son drame qui est tout  à la fois de se distinguer et de se fondre dans le Tout.

Dans sa lutte pour exister comme élément différencié, la Partie (particule, molécule, cellule, organisme, homme …) ne cherche au fond qu’à mourir à son étroitesse pour rejoindre le Tout.

Ce qui est séparé tend à se relier.

” La Vie part des divisions extrêmes et des formes rigides de la Matière, et de cette division rigide, l’atome, base de toute forme matérielle, est le type même. L’atome est distinct de tous les autres même en son union avec eux, ne subit la mort et la dissolution de par aucune force ordinaire; il est le type physique de l’égo séparé définissant son existence en opposition au principe de fusion dans la Nature. Mais l’unité est dans la Nature un principe aussi fort que la division; elle est en vérité le maître principe dont la division n’est qu’un terme subordonné;”  Aurobindo, La vie divine, I, p. 299

La Partie veut renaître en une entité plus vaste, elle veut  embrasser l’Unité dont elle est issue et dont elle est “en manque” puisqu’elle  n’est qu’une  « image partielle » de cette Unité, comme si le Tout  potentiellement présent en elle, la rappelait constamment à lui.

Notre chemin mène inexorablement vers notre totalité.

C’est donc son statut même de Partie (impliquant la partition, la division, la séparation, le manque) qui fait évoluer celle-ci: c’est la différence de potentiel existant entre Partie et Tout  qui constitue l’énergie pour la quête de son propre accomplissement par la Partie.

Pour reconstituer le Tout -ou pour atteindre leur accomplissement- les Parties ne vont pas simplement s’associer (atomes, molécules …) pour former un unique méga-conglomérat de matière. Point ne suffit en effet un développement quantitatif par  accroissement en volume ou en masse. Dans son cheminement  vers le Tout,  la Partie peut non seulement se développer en quantité (développement horizontal) mais surtout en complexité ou information-hiérarchisation (développement vertical) pour que de « miroir partiel » elle se fasse  le “miroir complet ” -ou de plus en plus complet- du système dont elle dépend.  Cela se produit au cours d’une série d’étapes formant des cycles, chaque fin de cycle voyant la Partie réaliser la synthèse du système dont elle est l’acteur : la Partie intègre ainsi le « tout » que constitue le système dont elle dépend. Au cours des différents cycles, la Partie acquiert de ce fait des capacités physiques, vivantes, organisationnelles, réflexives … de sorte que la dernière Partie qu’est l’Homme devrait pouvoir intégrer le Tout dans son intégralité, et ainsi atteindre sa totalité d’ « homme total » autrement nommé « homme universel » ou « homme christique ».

Il faut comprendre qu’accéder au Tout c’est pour la Partie atteindre son accomplissement, là où nulle tension n’existe plus, et que cet accomplissement répond analogiquement à l’entier par rapport au partiel, au double par rapport au simple, à l’œuf par rapport au gamète, au fruit par rapport à la graine, au ciel par rapport à la terre … ce qui se réalise au cours d’un cycle voyant l’intégration de l’ensemble des caractéristiques de son monde par la Partie.

Nous constatons ainsi qu’avancer dans l’exploration du rapport de la Partie au Tout nous amène à faire  appel à certaines notions comme l’interaction, le cycle, la verticale et l’horizontale, mais surtout à celle  d’Unité, notions que nous allons utiliser dans ce chapitre mais qui sont développées dans d’autres chapitres de ce tome Processus.

Pour  affiner l’étude des rapports de la Partie et du Tout relativement à la question de l’évolution, présentons pour commencer les concepts de Local et de Global.

 

Le Local et le Global

L’Être peut être envisagé soit dans son Unicité globale (c’est-à-dire à l’échelle du Tout formant un système: univers, galaxie …), soit dans sa Multiplicité locale (c’est-à-dire à l’échelle des multiples Parties: particules, molécules …) dans lesquelles il se matérialise localement.

Regroupons ce que nous considérons comme la ou les Partie(s) sous  le terme générique de Local, et ce que nous considérons comme le Tout (ou l’ensemble des systèmes: univers, galaxie, étoile … ou chacun d’eux en particulier) sous le terme générique de Global (cf. le tableau a suivant qui montre les aspects Local et Global des 7 systèmes dans lesquels se dévoile l’Être).

Notons qu’avec l’évolution, les Parties deviennent elles-mêmes des systèmes (ex : le corps physique et ses cellules par exemple) pour lesquels le jeu du Global et du Local reste le même, mais les concepts de Global et de Local s’appliquent ici en priorité aux éléments présentés dans le tableau suivant :

1 2 3 4 5 6 7
Univers Galaxie Etoile Terre Systèmes humains
Particules Molécules Cellules Organismes Homme
Être Primordial Être Physique Être Vivant Être Intelligent Être Pensant Être Méditant Être Transcendant

a) Le Local et le Global dans les  7 mondes

 Global et Local peuvent encore être subdivisés.

Le Local peut en effet concerner une ou plusieurs Parties: il peut donc être entendu comme singulier ou pluriel, et dans ce cas, le Local est dit collectif, collectif plus ou moins étendu ou restreint (famille, groupe, tribu …  nation, humanité, ensemble des autres Parties appartenant au système considéré).

Le Global  se différencie lui, en Global-intégral (ensemble du système formant une Unité dans laquelle les Parties évoluent interactivement)  et en  Global-partiel (structures formant des sous-ensembles  appartenant au système: différents systèmes culturels humains, différentes planètes du système solaire, différents types de nuages interstellaires et d’étoiles de la galaxie, amas de galaxies pour l’univers …).

Ainsi on ne peut concevoir un organisme (Local-singulier) sans référence à son espèce, son groupe (Local-collectif), eux-mêmes en correspondance à une entité plus vaste, un ensemble (Global-intégral et partiel), l’ensemble formant une Unité donnant sa cohérence ou son sens à la multiplicité des structures ou des sous-unités.

Tout ce qui est autre que la forme d’existence individuelle considérée (Local, Partie) constitue pour celle-ci le Local-autre (à son tour singulier ou pluriel) ou le Global-Autre (le Grand-Autre, le système dans son ensemble).

Le Local-autre est constitué par toutes les autres Parties (Local-autre-collectif) parmi lesquelles il peut s’en trouver une  avec laquelle il se crée une relation privilégiée: Local-autre-particulier (partenaire, conjoint, ami, ennemi …).

Dans ce chapitre nous traiterons en priorité des liens de réciprocité entre Global et Local et non pas ceux -ou alors secondairement- pouvant exister entre les différents aspects du Global  (Global-partiel/Global-intégral par exemple) ou entre ceux du Local  (entre Local-individuel/Local- collectif par exemple).

Le Global (ou Macrocosme) peut être considéré comme  la référence ultime de toute Partie (ou Microcosme) puisqu’il donne sens à chacune d’elle: tout événement n’a sens que par rapport à l’ensemble dans lequel la Partie est prioritairement impliquée (ensemble qui extensivement est l’univers).

 

Partie, Tout et Unité

Global et Local, Tout et Parties,  système et acteurs de ce système (particules de l’univers, molécules de la galaxie, cellules du système stellaire ou d’un organisme, homme et système culturel …) forment une Unité comparable analogiquement à celle qui lie les Graines au  Fruit : chez l’homme, la structure psychique individuelle est ainsi corrélée au système symbolique culturel -ou collectif ou global partiel- de la société dans laquelle il vit et de son type de  développement technique, juridique, religieux …

Cette Unité que constitue le Tout et ses Parties peut  être étudiée selon une approche systémique (systèmes-experts, réseaux, interdépendance, auto-organisation, équilibre … ; cf. les auteurs et leurs ouvrages qui traitent de systémique : Ashby, von Foerster, E.Lazlo, de Rosnay …; voir Bibliographie et aussi  « le Un » du tome Archétypes et  « Science et tradition » de ce tome Processus).

Selon ce principe de l’Unité, toute Partie (particule, atome, cellule, organisme, homme), trouve dans le Global ou l’ensemble auquel elle appartient non seulement sa cohérence (la civilisation humaine unifie les êtres humains) mais son sens et donc son but (l’être humain cherche à intégrer l’ensemble de la civilisation dont il possède toutes les données à titre potentiel).

Le Global constitue en effet le but qui pousse la Partie à le reconstituer : la copie cherche à regagner l’original. La cause du germe, le fruit dont il est issu, est aussi son but, ce qui à nouveau met particulièrement en relief la notion de cycle.

Mais on peut dire aussi qu’un système prend naissance au moment où on en définit la Partie ou le système d’unité ou de mesure (cf. le mètre pour le système terrestre ou la constante de Planck  pour l’univers).

Selon ce principe de l’Unité,  les systèmes et leurs Parties constitutives sont à  l’image les unes des autres.

Partie et Tout à l’image l’un de l’autre

Partie image du Tout

La caractéristique des Parties, c’est d’être à l’image (ou l’hologramme: cf. Notes) du Global (ou de l’Unité). Ainsi la particule  est à l’image de l’univers, la molécule à l’image de la galaxie, la cellule à l’image du système stellaire, l’organisme à l’image du système planétaire … Le Vivant n’aurait par exemple pu apparaître sans le  mouvement de rotation de la terre s’inscrivant dans la dynamique générale du système solaire ! On peut encore constater que la Partie  possède toujours une structure trinitaire -et extensivement septénaire- à l’image du Tout ou de tout système (cf. le « Un », le « Trois » et le « Sept » du tome Archétypes) …

Le Local  est en effet toujours l’hologramme du Global par lequel il trouve sa cohérence, comme chaque cellule du corps physique est l’hologramme de ce corps qui en constitue la globalité (chaque cellule possède en son noyau toute l’information de l’organisme). La notion proche d’holonomie explique quant à elle que le Tout est résumé ou encodé dans la Partie.

Toutes ces notions peuvent être rapprochées  de la théorie de l’ordre impliqué de D.Bohm ou du bootstrap (englobement des particules) de G.Chew (les particules se contiennent toutes et s’autogénèrent ce qui est exactement la même chose dans le domaine biologique puisque la progression d’une espèce par rapport à une autre consiste en l’intégration de cette dernière, processus dont dérive la  loi de Haeckel qui dit que l’ontogénèse ou le développement individuel, récapitule la phylogénèse qui concerne le développement collectif de l’ensemble des phylums).

Ces notions d’image, d’hologramme et d’holonomie semblent encore se rapprocher de la théorie des fractals. On constate en effet une ressemblance de toutes les structures à quelque échelle qu’elles se trouvent (invariance d’échelle), l’aspect et la dynamique restant grossièrement les mêmes, comme il en serait d’un aimant que l’on sectionne et dont les morceaux obtenus comportent toujours deux pôles. Ainsi, la fluctuation des densités, la distribution des grumeaux de galaxies dans l’univers, celle des globules gazeux dans la galaxie, des planètes dans le système solaire, la multiplication cellulaire par division constituant le blastomère de l’œuf … seraient de nature fractale comme toute distribution des Parties dans leurs systèmes.

Toutes ces théories qui découlent des propriétés de l’Unité fondant chacun des systèmes nous font dire avec Pascal que l’Être ou le Tout, ou  l’Univers, est “une circonférence qui est nulle part et le centre partout”, centre qui se trouve être dans chacune de ses Parties, chacune étant à l’image de l’Unité, ou un  hologramme du Tout.

On retrouve la même idée dans la cosmologie chinoise où il est dit que les diverses Parties qui composent l’Univers sont issues d’une fragmentation de l’Unité Première et sont toutes soumises au même souffle (le Ki) qui les relie entre elles, certaines de ces Parties étant plus particulièrement en résonnance entre elles par un jeu subtil de correspondances.

Ces quelques remarques nous autorisent à dire que si d’autres formes de vie existent sur d’autres planètes ou étoiles ou galaxies -ce qui est hautement probable-, elles seront, dans leurs proportions,  à l’image de ces planètes, de ces étoiles ou de ces galaxies tout en présentant la même structure de base que celle fournie par l’univers.

Si le Tout est inscrit dans l’infiniment petit et est de même structure, il est lui-même fait sur le modèle de la Partie.

Le Tout image de la Partie

Il est moins évident de saisir que le Global puisse être à l’image du Local. Voyons donc ce qu’il en est.

Chaque système et ses parties constitutives évolue selon un cycle à la fin duquel une des parties se fait  la synthèse de toutes les autres et du  système (cf plus loin  ainsi que le chapitre « l’aller et le retour » de  ce tome). Or cette ultime Partie qui résume un système devient le germe du système suivant  auquel elle imprime  -plus ou moins- ses propres caractéristiques.  Ainsi on peut dire que la galaxie est à l’image du noyau atomique et de l’atome, derniers nés du cycle de l’univers qui deviennent les germes des galaxies dont ils permettent la formation. C’est encore plus évident pour les systèmes humains qui sont à l’image de l’homme qui en est l’acteur comme on peut dire que l’homme ne peut entrevoir Dieu qu’à travers sa propre image.

Ainsi le Local  reconstitue ou “recrée” le Global à son image et à un niveau de complexité supérieur sous la forme d’un système issu du précédent et dans lequel le Local peut continuer son évolution, ce qui nous renvoie à nouveau à la notion de cycle.

On peut donc comprendre que la recherche sur le Tout et sur la Partie participent du même objectif, et que la théorie de la relativité qui  s’occupe plus particulièrement du Tout (infiniment grand) rejoigne un jour la théorie quantique versée plus particulièrement dans l’étude de la Partie (infiniment petit).

Disons maintenant quelques mots sur l’apparition même de la Partie qui tient de sa différenciation d’avec le Tout.

La Partie: différenciation d’avec le Tout

C’est grâce à la Partie ou à la différenciation du Local d’avec le Global (ce que T. de Chardin nomme la “corpusculisation”) que l’Être se dévoile, évolue et se “reconnaît” (conscience).

Mais comment la Partie (Local) apparaît-elle ? Comment se différencie-t-elle du Tout (Global) sachant que Partie et Tout sont inhérents l’un à l’autre (l’univers par exemple n’existerait pas sans les particules et vice versa ; on ne peut de la même façon imaginer l’homme tel qu’il est  sans les civilisations ou les systèmes symboliques dans lesquels il s’inscrit) … ?

Commençons par voir ce qui se passe au tout début, dans l’univers, où Parties et Tout sont tellement liés qu’ils sont synchrones (les particules changent constamment d’état ou de longueur d’onde en fonction du flux, du niveau énergétique et de l’expansion de  l’univers): c’est pour cela qu’elles se  présentent  comme  des  ondes-particules qui restent donc difficilement appréhendables localement tandis que l’univers est comme une purée faite de ces ondes-particules (photons, neutrinos, électrons, quarks) formant un champ d’onde multidimensionnel gigantesque (cf. Acte I du tome Scènes).

Après les particules, Parties et  Tout se distinguent nettement : les noyaux atomiques qui ensemencent les galaxies se différencient par désynchronisation entre énergie et matière; cf. Acte II du tome Scènes  et « L’essence et la substance » de ce tome Processus) : l’Être se “morcelle” ou se “parcellise” en multiples Parties bien différenciées (les noyaux atomiques) qui peuvent alors  se développer en des structures définies de plus en plus complexes, processus hautement efficace puisque l’Homme en est  l’aboutissement.

La Partie étant individualisée matériellement, elle va devenir vivante, puis intelligente, puis pensante … et ainsi se différencier toujours davantage du Tout ou du système dont elle dépend puisqu’hormis son « champ d’influence subtil», ce système n’évolue jamais au-delà du stade matériel.

Abordons désormais la question du pourquoi et du comment de  l’évolution de cette Partie.

Evolution de la Partie: de la Partie au Tout

On peut considérer que toute évolution qui concerne en premier lieu la Partie, consiste  à faire que cette Partie puisse rejoindre le Tout c’est-à-dire sa Totalité ou son Accomplissement: la Partie qui devient de ce fait « image parfaite » du Tout et accède à la « ressemblance » (« de l’image à la ressemblance ») actualise alors tous les états de l’Être (ou tous les degrés énergétiques du système). Mais comment cela est-ce possible ?

Considérons d’abord le phénomène de l’interaction puis celui du cycle.

Interaction du Global et du Local

C’est des interactions constantes entre les systèmes et leurs Parties constitutives -qui elles-mêmes interagissent- que les Parties se complexifient jusqu’à réaliser la synthèse de leur système d’appartenance et être le départ d’un système plus complexe.

De par ces interactions entre Parties et Tout qui se réalisent dans le contexte de l’Unité qui les réunit, les Parties prennent des formes diversement élaborées selon les systèmes auxquels elles appartiennent mais aussi selon les étapes évolutives de ces systèmes; et inversement, il faut considérer des systèmes différents  selon les types de Parties dont ils sont faits.

Si l’on considère l’Être à travers les deux aspects du Local et du Global, on peut dire que l’évolution consiste en  la complexification du Local par la double interaction continuelle Local/Local  et Local/Global (molécules/système galactique, organismes/écosystème planétaire …). On retrouve la même relation interactive réciproque dans tout système.

Pour ce qui concerne  l’homme, c’est de l’interaction des individus entre eux et entre le système culturel en lequel ils se trouvent et dont ils sont en même temps les acteurs que l’humanité accouche progressivement d’individus de plus en plus élevés en conscience, de sorte que la voie spirituelle devienne un jour naturelle pour tous.

 ” La Volonté collective de l’humanité … œuvre en employant l’individu comme moyen. Et encore, à y regarder plus profondément, ce n’est pas une Volonté consciente de la collectivité, mais une Puissance supraconsciente qui emploie l’individu comme centre et comme moyen, la collectivité comme condition et champ d’action.”    Aurobindo, La vie divine, I, p. 30

De son côté, T. de Chardin assimile cette interaction à une “complicité” :

 “Dans son état actuel, le Monde ne se comprendrait pas, la présence en lui du réfléchi serait inexplicable, si nous ne supposions une secrète complicité de l’Immense et de l’Infime pour échauffer, nourrir, soutenir jusqu’au bout, à force de hasards, de contingences et de libertés utilisées, la Conscience apparue entre eux deux. C’est sur cette complicité qu’il nous faut tabler.”    T. de Chardin, Le Phénomène humain, p; 307:

Il y a donc constamment interaction et coévolution entre le Local et le Global, dans un sens ou dans un autre: le Local ne fait donc pas que s’adapter aux conditions offertes par le Global, l’un et l’autre se transforment réciproquement. Ainsi en fusionnant en noyaux d’hélium, les protons et les neutrons (Local) sont-ils responsables de la formation des nuages galactiques (Global), véritables matrices cosmiques  en lesquelles la condensation sous forme d’étoiles de plus en plus nombreuses et de plus en plus grosses (Global partiel), produit tous les autres atomes (Local) qui augmentent en retour la complexité de la galaxie et sa matérialisation en structures de plus en plus complexes à l’origine d’un autre système (Global), le système stellaire …

Le Local  crée les conditions de son évolution future en modifiant le Global: les cellules procaryotes photosynthétiques par exemple apportent l’oxygène qui modifie le système et permet l’avènement des organismes complexes … les vertébrés (poissons, reptiles) modifient l’écosystème terrestre, accompagnés en cela par les changements géologiques, tectoniques et climatiques … ce qui permet l’apparition de  l’homme …

Cette interdépendance entre Micro- et Macrocosme amène  les scientifiques  à considérer de plus en plus le rôle de l’environnement dans l’évolution des organismes, comme le rôle des organismes dans l’évolution de l’environnement, et cela jusqu’à l’échelle planétaire et même cosmique, tout en sachant que  nous ne pourrons jamais appréhender complètement l’ensemble des paramètres intervenant dans ce rapport.

L’interaction -et la résonnance- du Global et du Local sont directes dans le contexte d’un système ou d’un espace-temps particulier (les particules pour l’univers, les molécules pour la galaxie par exemple …), mais elles jouent également entre les différents systèmes (l’ensemble des systèmes dérivant les uns des autres): cela veut dire que tout influence tout.

Ainsi les mouvements imprévus (la fameuse imprévisibilité de la physique et de la biologie), les changements de toutes sortes, cosmiques (galactiques, solaire, terrestre), climatiques, rythmiques, géologiques, relationnels …  influencent-ils le Local et en retour le Global (moindres plus le système est vaste).

Notons que ces changements peuvent menacer la survie d’espèces acculées à des impasses par hyperspécialisation ou ayant poussé d’une manière univoque les possibilités relatives à leur niveau d’évolution: c’est le cas pour toutes celles dont on ne retrouve aujourd’hui que des fossiles.

Dans leur existence et leur évolution réciproque, la Partie et le Tout mettent en jeu non seulement l’interaction mais le cycle auquel nous avons fait jusque là plusieurs fois allusion.

La Partie, le Tout et le cycle

Interdépendants, Partie et Tout, Local et Global, Microcosme et Macrocosme, évoluent par interactions s’inscrivant dans des processus cycliques : constitué d’une série d’étapes, le cycle est en effet le processus évolutif par lequel la Partie intègre le Tout, cycle impliquant lui-même certains processus concernant à la fois le système dans son ensemble et les Parties ou les acteurs. En voici quelques exemples :

  • Alternance de dominance du Global et du Local

Au cours du cycle de tout système, il y a variation du rapport de dominance  entre Partie et Tout :  le Global et le Local prennent en effet alternativement le pas l’un sur l’autre (inversion des rôles de la Partie et du Tout dans le cycle) de sorte que  c’est d’abord le Global qui domine sur le Local (première phase du cycle : individualisation et optimisation des Parties) puis le Local qui domine sur le Global (seconde phase du cycle : “intégration” du Global par la Partie). (cf.  « La dominance et la latence »).

  • De l’image partielle à l’image complète ou de l’intégration du Global par le Local

Du début à la fin du cycle, les  Parties passent ainsi du statut  d'”images partielles” à celui d'”images complètes” (ou unifiées) du système.

Les premières Parties qui initient le cycle sont en quelque sorte « nues » (dans leur « essence ») et, parcourant les étapes du cycle, elles acquièrent des outils et  s’habillent ou s’affublent de certaines fonctions de sorte qu’en fin de cycle elles deviennent capables non seulement d’intégrer toutes les données du système mais de sortir ou d’explorer hors  du champ de leur système et de tirer d’elles mêmes les ressources et les éléments de leur futur ou de leur « dépassement » leur permettant d’initier ou d’ensemencer un nouveau cycle (et donc un nouveau système).

Ainsi les acides nucléiques, les protozoaires ou  l’hominien sont-ils l’aboutissement d’un cycle (de la Matière, de la Vie, de l’Intelligence) les rendant capables de sortir du champ de leur système d’origine puis de se transcender pour initier le suivant …

  • Acquisition d’un centre ou d’un axe

Parmi les acquisitions des Parties leur permettant d’intégrer l’ensemble du système et même de la dépasser en fin de cycle, il en est une centrale qui à mi-parcours du cycle, est celle d’un centre ou d’un axe autorisant un développement « vertical »..

Pour la Partie en effet, le seul accroissement quantitatif « horizontal » par regroupement qui n’est ni infini ni linéaire ne suffit pas (pour ce qui concerne les associations nucléaires par exemple, les noyaux atteignent toujours un point limite d’instabilité et les plus gros noyaux commencent à fissionner au-delà de 300 nucléons). Le développement « horizontal » de la Partie s’accompagne donc d’un développement ou d’un  mode d’agencement “vertical” permettant  l’interaction entre la périphérie et le centre ou entre le “haut” et le “bas”, entre l’intérieur et l’extérieur … (cf. notamment « le Cinq » in tome Archétypes et « l’horizontale et la verticale » dans ce tome.)

  • L’expansion et la contraction

Le cycle compte finalement deux phases principales qui pourraient être vues comme un mouvement d’expansion-contraction (cf. L’expansion et la contraction  de ce tome Processus), la phase de contraction débutant au moment où la Partie accède à sa dimension « verticale ».

Ce processus d’expansion/contraction se reproduit au cours de chacun des 7 cycles (cf tome Scènes) : il concerne donc également le Grand Cycle de l’Être que forment ensemble ces 7 cycles où l’homme et sa dimension « verticale » occupe la phase de contraction, d’intégration ou encore de retour  l’amenant à rejoindre le Tout ou à atteindre sa totalité ou la “ressemblance” en tant qu’Homme Total ou Universel.

Partie-Tout et Homme

L’Homme a donc une place particulière en tant que Partie dans le Grand Cycle de l’Être puisque, aboutissement et “contraction” de toute la création, il est chargé de réaliser le “retour” de la Partie au Tout Universel.

La Semence Homme  doit “fructifier” dans un “fruit”: l’Homme Total.

“L’Homme ne progresse qu’en élaborant lentement, d’âge en âge, l’essence et la totalité d’un Univers déposé en lui”  T.de Chardin, Le Phénomène humain, p.199

Ce “retour” de l’Homme à l’Univers tient tout à la fois de sa « verticalité », de son pouvoir de “réflexion” et de la conscience de lui-même qui dans un premier temps le portent au rang d’Être Pensant qui n’est au début  qu’ « image partielle » de l’Être Spirituel vers lequel il tend pour s’en faire progressivement l’« image complète » (“de l’image à la ressemblance”), et cela  au cours de trois cycles successifs (« Homme Pensant », « Homme Méditant », « Homme Transcendant ».

Comme l’atome  dut se constituer sur le plan matériel en tant que Partie distincte et indivisible à partir du flux universel pour ensuite se complexifier sur des bases solides, l’Homme doit pareillement d’abord se constituer comme individu psychologiquement distinct de tout autre s’il veut ensuite s’universaliser sans se diluer et perdre ses limites dans la psychose.

Cette individualisation se réalise au cours du  premier cycle qui est celui de l’Homme Pensant (celui-là même à la fin duquel nous nous trouvons actuellement et  collectivement) où l’Homme essentiellement concentré sur lui-même, sur la survie de sa personne physique et de son « moi » psychologique, se montre dans son aspect le plus destructeur ou égoïste. Une fois passées les étapes et les épreuves initiatiques du cycle de l’Homme Pensant où  l’ « Homme Social » occupe la plus grande part, l’homme peut élargir et approfondir sa conscience (cycle de l’Homme Méditant) pour enfin se réaliser en tant qu’Homme Spirituel (cycle de l’Homme Transcendant ; cf. Actes V, VI et VII du tome Scènes).

Sri Aurobindo qui s’est beaucoup préoccupé de cette question, dit (La vie divine, I,  p. 300, 301 et 306):

 ” Il y a donc deux principes dans la Vie: la nécessité ou la volonté qu’a l’égo séparé de survivre en son être distinct et de conserver son identité, et l’obligation qui lui est imposée par la Nature de se fondre avec d’autres … Cela ne saurait être néanmoins le dernier stade; à celui-ci on ne peut atteindre que lorsque les deux principes sont harmonisés, quand l’individu est capable de persister dans la conscience de son individualité et cependant de se fondre avec d’autres sans troubler l’équilibre préservateur, sans interrompre la survivance  …  le but même ne peut être atteint que par le Mental se dépassant pour entrer dans ce qui est au-delà du Mental … où l’éternelle unité du multiple se réalisera par le moyen de l’Esprit, où la base consciente de toutes les opérations de la vie ne sera plus établie sur les divisions du corps, ni sur les passions et appétits de la vitalité, ni sur les groupements et les harmonies imparfaites du mental, ni sur une combinaison de tout cela, mais sur l’unité et la liberté de l’Esprit.”

Sur cette universalisation de la personne qui est la réunion du Moi et du Soi par et dans l’Esprit,  T. de Chardin (Le Phénomène Humain, p. 287) s’explique en ces termes:

“Nous reculons au premier choc, devant l’association d’un Ego avec ce qui est Tout. Entre les deux termes la disproportion nous paraît éclatante, –presque risible…. puis p. 288: Toutes nos difficultés et nos répulsions se dissiperaient, quant aux oppositions du Tout et de la Personne, si seulement nous comprenions que, par structure, la Noosphère, et plus généralement le Monde, représentent un ensemble, non pas seulement fermé, mais centré… Dans les perspectives d’une Noogénèse, Temps et Espace véritablement s’humanisent, –ou plutôt ils se sur-humanisent. Loin de s’exclure, Universel et Personnel (c’est-à-dire “Centré”) croissent dans le même sens et culminent l’un dans l’autre en même temps… L’Universel-Futur ne saurait être que dans l’hyper-personnel, — dans le point Oméga.”  … et p. 290: ” D’où cette conclusion inévitable que la concentration d’un Univers conscient serait impensable si, en même temps que tout le Conscient, elle ne rassemblait en soi toutes les consciences: chacune de celles-ci demeurant consciente d’elle-même au terme de l’opération, — et même, ce qu’il faut bien comprendre, chacune devenant d’autant plus soi, et donc plus distincte des autres, qu’elle s’en rapproche davantage en Oméga… En n’importe quel domaine, –qu’il s’agisse des cellules d’un corps, ou des membres d’une société, ou des éléments d’une synthèse spirituelle, –l’Union différencie. Les parties se perfectionnent et s’achèvent dans tout ensemble organisé.”

Conclusion

Toute cette complicité entre Partie et Tout s’exprimant dans les arabesques folles du banc de poissons et son  champ de résonance morphogène ou dans le chant des cigales vibrant dans la chaleur des pins au rythme d’une immense vague ondulant sur la terre,  n’est-elle pas aussi celle des prières ou des sacrifices religieux  censés maintenir l’ordre de l’univers ou agir sur le bon fonctionnement des lois célestes ?  N’est-elle pas celle du rituel de l’Agnihotra du Véda hindou ayant comme vertu de faire se lever le soleil chaque matin ? Est-ce là une sorte de pensée magique démiurgique confondant perception de l’appartenance au tout et identification au tout faisant se mouvoir les corps célestes par la force invisible du brahman, principe de toutes choses ? Ou serait-ce plutôt le rituel par lequel les rishis de l’âge d’or puis les officiants dépositaires du Veda, qui ne seraient pas dupes, font « se lever le soleil » en eux pour  se  libérer des ténèbres, rituel répondant à la grâce divine -que symbolise la vache qui donne librement son lait- fondé sur l’analogie entre microcosme et  macrocosme, entre extérieur et intérieur, signifiant ainsi la relation fondamentale entre l’homme et l’univers ?

Au fond, cette complicité entre Partie et Tout semble bien se concentrer  plus spécialement sur la Partie visant son couronnement, tendue vers son apogée ou sa totale réalisation. Car même si Parties et Tout évoluent parallèlement, même si le Tout connaît dans son évolution de gigantesques desseins et met en jeu des forces extraordinaires, c’est bien la Partie qui est couvée comme un œuf par le Tout, embrassée comme le plus cher de ses rejetons, c’est bien la Partie qui acquiert tout au long de ses pérégrinations des qualités énergétiques, matérielles, vivantes, intelligentes et de conscience auxquelles le Global qui donne le cadre ne peut accéder. Comme l’a déjà noté T. de Chardin, le passage de la galaxie à l’étoile -avec ses planètes- n’est certes pas un évènement cosmique banal par exemple puisqu’il suppose l’évolution de tout un système, avec mise en jeu et agencement de masses et de forces extraordinaires, mais tout impressionnant qu’il soit, que dire de celui qui plus discrètement se produit simultanément à l’échelle de la Partie qui passe de l’inanimé à l’animé, de la molécule  à la cellule !

Alors que le Tout (univers, galaxie, étoile, planète) ne dépasse pas le stade matériel (même s’il possède des champs de force invisibles qui s’associent à des énergies, des rythmes et des organisations plus ou moins complexes et subtiles qui font qu’il ne peut être simplement réduit à la somme de ses Parties), les Parties accèdent elles à l’organique, puis au vivant, au psychique, au spirituel … Construites à partir des éléments les plus nobles  issus des dernières étapes du cycle d’un système (les acides aminés par exemple), elles se « transcendent » (les acides aminés  se “transcendent” dans l’acide nucléique et l’ADN) et trouvent en elles-mêmes les ressources de leur évolution future.

La Partie progresse, se complexifie au cours de chacun des cycles dont la succession (enchaînement des systèmes) finit par la faire accéder à la conscience ainsi que l’Homme en témoigne.

Ainsi, cette infime Partie néanmoins image de l’Être, du Tout, de Dieu, de « Elohim qui dépose en elle son Yod », Partie en laquelle l’Être se cherche et Se connaît, en laquelle l’Univers s’est dispersé puis réuni un  nombre incalculable de fois, en laquelle l’Unité s’est répliquée en  une série infinie d’images, a-t-elle dévoilé l’Être sous des formes de plus en plus élaborées et est-elle devenue consciente avec l’homme en lequel Dieu s’est enfin reconnu et se contemple ! Première phase aboutie du Grand Cycle de l’Être, fin de l’aller ayant commencé dans la lumière, l’homme a déjà amorcé le retour, seconde phase du cycle de l’Être  qui devrait le voir se contempler en Dieu et  redevenir lumière.

 

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Bibliographie

 

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