Cet essai  traite de l’évolution.  Constitué de trois tomes (ArchétypesProcessus et Scènes), il représente en quelque sorte l’étude théorique de La  ronde des sept mondes présentée dans la « bienvenue ».

Il ne s’agit pas ici de  reprendre les différentes thèses évolutionnistes déjà existantes, ni  de décrire les mécanismes spécialisés de complexification des êtres (les paléontologues, les naturalistes, les biologistes, les généticiens, les biochimistes du quantique … s’y emploient déjà). Il s’agit plutôt de saisir le mouvement général de l’évolution et bien sûr d’y repérer éventuellement la place de l’homme. Pour cela je tente de tracer la ligne des points de convergence de la double approche scientifique et traditionnelle, pour aboutir à un troisième point de vue qui serait systémique, point de vue d’ailleurs constamment implicite dans le récit traditionnel et adopté aujourd’hui de plus en plus largement par la science (cf. Exergue dans le Sommaire).

L’évolution nous apparaît ainsi comme la manifestation cyclique et récurrente de lois (ou invariants, archétypes : tome Archétypes) en des structures de plus en plus complexes fonctionnant selon des règles (ou processus ; tome Processus) inhérentes aux lois, tous ces éléments réunis aboutissant à la mise en scène de l’évolution en 7 Actes (ou cycles ou mondes ; tome Scènes)  formant ensemble à leur tour le Grand Cycle de l’Etre où l’homme serait l’acteur des trois derniers Actes : Pensant, Méditant et Transcendant.

C’est ainsi que de l’Univers à l’Homme et de l’Homme à l’Univers, ou de la cosmogenèse à l’eschatogenèse, il n’y aurait qu’un cycle, un aller et retour magistral formant le Grand Cycle de l’Etre où la phase de retour serait l’œuvre de l’homme visant à la réintégration totale de l’Etre.

Dans cette l’Iliade et cette Odyssée et vu sous cet angle, l’homme serait ainsi autre chose qu’un “simple accident de parcours”.

Consistant essentiellement en la recherche de redondances ou d’invariants, l’ensemble de ce travail ressemble à l’observation mille fois répétée des multiples réfractions d’un prisme nous faisant découvrir non seulement les mille couleurs réfractées mais les grands axes ou la structure même du prisme expliquant ses propriétés. On pourrait dire aussi que le malaxage des données scientifiques et traditionnelles travaillées comme une pâte alternativement écartée puis ramenée en son  centre des milliers de fois, me permit d’entrevoir une sorte de modèle, de grille de lecture (la structure du prisme …) qui s’avéra être de type septénaire.

Cette structure septénaire qui me permit d’explorer et de rendre cohérents les multiples aspects de la création,  constitue de ce fait l’architecture même de mon étude qui me fit prendre conscience de l’importance de cette notion dans quasiment toutes les traditions et notamment dans celle de la tradition biblique: c’est ainsi que les Sept Jours de la Genèse deviennent les 7 archétypes fondamentaux de mon étude (cf. tome Archétypes : le Un, le Deux, le Trois …).

Consistant davantage en une quête de cohérence qu’en une approche  spéculative, cette démarche m’a finalement permis d’aboutir à ce fait  indéniable, parce que mille fois corroboré‚ que les 7 archétypes constituent non seulement  la structure de tout ce qui existe jusqu’à l’Univers, mais la dynamique de cet univers qui est de caractère cyclique : ainsi le septénaire représente à la fois la structure et la dynamique évolutive de l’Unité qui est l’archétype premier  qui  englobe et  relie l’ensemble des autres archétypes et la totalité de l’univers.

La raison d’être de cet essai sur l’évolution est donc de présenter la « Création » comme la manifestation cyclique de l’Unité  ou de l’Etre dans le cadre référentiel archétypal du Septénaire expliquant la structure et l’évolution de toutes les formes d’existence. Ainsi pourrons-nous peut-être mieux entrevoir la place et le sens de l’évolution humaine dans cette magistrale spirale du Grand Cycle de l’Etre que l’homme semble être désigné à porter à son terme pour faire de l’Unité première notre Totalité future !

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Je veux maintenant présenter succinctement les différentes étapes qui m’ont amené à entreprendre cet essai, ainsi que le contexte qui l’a suscité et lui a permis de prendre forme.

Depuis longtemps je cherche à unifier les connaissances tandis qu’au contraire ces dernières s’amoncellent d’une façon disparate sans que l’unité n’apparaisse jamais, ce qui pour moi fut particulièrement vrai pour la médecine et son enseignement.

Lorsque plus tard je me suis intéressé au phénomène de la conscience pour tenter d’en distinguer les différents aspects et les différents niveaux dans le but de mieux cerner les ressorts de la pathologie et des problématiques psychiques en tant que psychothérapeute, j’appris par l’œuvre de C.G Jung que chaque problématique psychique -ou psychosomatique- était liée à la confusion des plans de réalité, physique, psychique et spirituel, et/ou à la stagnation à une étape de développement quelconque de notre évolution dans l’un de ces plans, plans qui, chez l’Homme, sont constamment corrélés. La guérison ne pouvait donc survenir qu’en repérant et en rapportant le blocage à l’étape impliquée et au niveau de réalité convenable, et dans ce but, la notion d’archétype utilisée par Jung me fut d’une très grande aide.

A la facilitation du repérage des problématiques psychiques que me permettait la connaissance de ces archétypes, s’ajouta une plus grande facilité à appréhender les textes traditionnels qui commencèrent à se révéler à moi, les grands thèmes traditionnels exprimant en effet toujours, sous forme symbolique, des situations archétypales. La Genèse biblique est de cette trempe: les Sept Jours sont un modèle d’enchaînement archétypal universel se répétant sur le même mode de toute éternité‚ l’Homme étant lui-même soumis aux mêmes lois.

Parallèlement, alors que j’exerçais comme homéopathe en tant que médecin, je commençai à entreprendre une classification des plantes pour une meilleure  utilisation thérapeutique de celles-ci, et cela en recoupant les données des classifications botaniques, des travaux de différents auteurs et chercheurs (tels ceux du docteur B.Vial ; cf. Bibliographie) et des travaux de C.G. Jung.

En considérant à la fois l’ensemble des différents embranchements de végétaux (lichens, mousses, plantes à fleurs …), et chacun d’eux en particulier, je commençai en effet à les entrevoir comme les expressions d’autant d’archétypes: chaque embranchement végétal  devenait ainsi la manifestation d’un archétype (ou de l’un des Sept Jours de la Genèse) et chaque plante en particulier se trouvait d’abord déterminée par l’archétype de son embranchement.

C’est le champignon que je pus classer en premier. En tant qu’embranchement, le champignon s’avérait en effet correspondre à la première étape du cycle des organismes végétaux, et répondait par conséquent à l’archétype « Un » qui est celui de la  “Semence”. De proche en proche, je pus faire coïncider les différents embranchements de végétaux avec les différents archétypes ou Jours de la Genèse. Ainsi à côté du champignon considéré comme Semence, l’algue prit tout naturellement la place de Matrice (en correspondance avec le Deuxième Jour de la Genèse). Comme pour le champignon dont les qualités lui font prendre le rôle de Semence, toutes les caractéristiques  des algues confirment cette relation à la Matrice et à la manifestation (cf. La semence et la matrice du tome Processus). Progressivement, l’ensemble des embranchements végétaux fut disposé  d’après les différents Jours de la Genèse correspondant aux étapes évolutives des organismes végétaux. C’est ainsi que les lichens nés de l’association d’un champignon et d’une algue, devenaient les symboles du Troisième jour de la Genèse, les Mousses les symboles du Quatrième Jour  …

La question fut ensuite de savoir quelle place prenaient les animaux par rapport aux végétaux. Contrairement à ce qui est dit habituellement, je m’aperçus qu’ils appartenaient au même cycle et évoluaient d’une façon synchrone avec ces végétaux. Je compris alors que l’animal représentait l’aspect pulsionnel -actif et exclusif- des organismes, le végétal exprimant lui l’aspect sensible -réceptif et inclusif (cf. l’animal et le végétal du tome Processus).

Mais alors, était-il possible que l’ensemble des formes d’existence réponde au même schéma évolutif des Sept Jours ? Je confirmai en effet que les cellules, les molécules et les particules participaient du même schéma que celui des organismes animaux et végétaux.

Pour que ce schéma fût cohérent, les archétypes qui régissent l’évolution  devaient encore être entrevus comme constituant des cycles  agissant dans des espace-temps à la fois différents et semblables s’inscrivant les uns dans les autres. Je fus donc amené à répertorier Sept Cycles ou Sept espace-temps pour expliquer l’ensemble de la manifestation, Sept Cycles constituant ensemble ce que je nommai le Grand Cycle de l’Etre dans lequel les organismes animaux et végétaux occupaient le 4è cycle et l’Homme les trois derniers (5è, 6è, 7è cycles). Il fallait donc voir la création comme la manifestation de l’Etre en 7 cycles successifs en des formes d’existence de plus en plus complexes : c’est ce qui constitue le contenu du tome Scènes.

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Pour finir, quelques mots sur la manière d’aborder cet essai.

Les différents tomes et chapitres étant comme une observation  “circumambulatoire” d’un même principe, ou une sorte un dialogue entre trois points de vue traitant du même sujet, de l’Etre, de sa structure et de son évolution, ils peuvent être abordés dans l’ordre choisi par chacun. Pourtant, du fait que les sujets traités dans les tomes Archétypes et Scènes présentent des points de correspondance (entre l’archétype Un et l’Acte I, l’archétype Deux et l’Acte II …), les sujets constituant ces deux tomes seront placés progressivement sur le site en respectant autant que possible l’ordre logique de leurs rapports, de même que seront indiquées au fur et à mesure leur mise en place et leur mise à jour. Pour ce qui concerne le tome Processus où les correspondances sont moins systématiques, j’ai choisi de traiter en premier lieu de « Science et Tradition » et de « Partie et  Tout », notions  qu’il me paraît indispensable de comprendre en premier lieu pour aborder l’esprit de ce travail et appréhender les sujets abordés dans les deux autres tomes.

Concernant les dénominations, propriétés ou caractéristiques qui ne trouveraient pas une explication immédiate dans le texte, j’invite le lecteur à consulter en premier lieu le  Sommaire  pour chercher les chapitres et les tomes où ces termes pourraient être abordés, expliqués et développés (avant que l’Index et les Notes ne soient au point), cela pour éviter autant que possible de surcharger le texte en renvois et explications (sauf cas particulier).

L’ensemble des  sujets de cet essai sont (ou seront) accessibles totalement en mode PDF.

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