II

Le DEUX

“Toujours elles ont été Un.
Un, comme la mélodie et le rythme,
inséparables.
Chaque membre du grand orchestre joue séparément.
Mais la symphonie est Une.
Une fois, c’est le violon qui conduit,
une autre fois, c’est le violoncelle.
Une fois la religion, une autre fois la science.”
       Dialogues avec l’ange p. 163

La vie est le processus à travers lequel la mort nous défie … La mort est la force active. La vie est l’arène. Et dans cette arène il n’y a que deux rivaux, quel que soit le moment: soi et la mort … Nous sommes passifs. Si nous bougeons, c’est seulement parce que nous ressentons la pression de la mort. La mort règle nos actions et nos sentiments et nous pousse implacablement jusqu’au moment où elle nous brise et gagne le combat, ou bien alors nous nous dépassons et nous la vainquons.
Castaneda C. , La force du silence p.121

Le grand Brahmâ est pour moi la matrice; j’y dépose le germe
Bhagavad Gîtâ

Le symbolisme de la matrice est universellement lié à la manifestation, à la fécondité de la nature, voire à la régénération spirituelle … Garbha (matrice) est aussi le récipient qui sert à contenir le feu sacrificiel. Contenant Agni, il contient l’univers …
Dictionnaire des symboles

 

Avec le Deux,  l’Etre Un est entrevu cette fois dans son aspect duel dont découlent  le caractère ambivalent de toute réalité et le principe de tout fonctionnement ou de toute  Manifestation.

Le Deux qui tire peut-être son ultime origine de l’ « existant » et du « non-existant » et/ou du  fini et de l’infini,  puis qui se présente sous les aspects du plus et du moins, du masculin et du féminin, du haut et du bas, de l’exclusif et de l’inclusif … nous confronte à toutes les possibilités de conflit mais aussi d’union, d’amour et de connaissance qui nous extirpent de toutes nos grandiloquences par identification au Tout ou  de tous nos amoindrissements par identification à notre petite personne pour qui l’un existerait sans l’autre,  le masculin sans le féminin, l’actif sans le réceptif, le plein sans le vide, le fini sans l’infini …  au risque de voir l’un  éliminer l’autre ou au contraire se perdre en lui pour l’avoir laissé prendre tant d’importance à force de le nier ou de vouloir échapper  au conflit …

Parfois marquée du sceau du malheur que recèle pour certains la doctrine dualiste, et présentée comme une déchéance de l’Unité entraînée de ce fait dans toute une série de drames, la Dualité doit être considérée comme au-dessus de tout soupçon et exonérée de tout doute ou  de  toute équivoque puisque sans elle l’Etre ne serait qu’un souffle disparaissant aussi vite qu’il est advenu.

Ainsi que les stoïciens le notèrent en leur temps, l’Etre tient en effet à l’accord d’opposés et se présente comme “un ensemble lié où les contraires s’entraident”.

Comme pour l’Unité et les autres archétypes qui vont suivre, nous allons envisager le Deux sous le double point de vue structural (ontologique, vertical, subjectal, correspondant toujours à l’étude de la structure de l’Unité) et évolutif (séquentiel, horizontal, objectal, correspondant toujours à l’étape du cycle de développement de l’Unité, ici la seconde) qui nous amènera à envisager à nouveau les dimensions verticale et horizontale  de l’Etre (cf. « la verticale et l’horizontale » in tome Processus) ce après quoi nous terminerons par les symboles qui sont le plus couramment associés à cet archétype du  « Deux ». (la suite dans le PDF ci-dessous)

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